L'OFFENSIVE ALLEMANDE DU 27 MAI, VUE PAR LE CUIRASSIER YVES HENRI TOURMEN

Mes mémoires de l'Offensive Mai et Juin 1918

Yves Henri Tourmen

12ème régiment de Cuirassiers à pied - Matricule 2491

Merci à Yves Tourmen, qui nous a transmis ce texte de son Grand-Père

Note : D'abord la "creute", "grotte" dans le Soissonais, fréquentes dans les pentes de la région, c'est un abri naturel, souvent agrandi (ancienne carrière), parfois bétonné.

Vingré est à l'Ouest de Soissons, dans l'Aisne, non loin du fameux Chemin des Dames.

J'ai ici reproduit fidèlement le manuscrit qui ne comporte quasiment pas de ponctuation. Très peu de fautes d'orthographe : les prix reçus par le grand-père à l'école étaient justifiés. Quelques noms de lieu ont été plus ou moins devinés : marqués par ( ?).

J'ai été étonné de la précision des horaires de train mais il faut savoir que son père était cheminot à Laval : il était habitué à ce vocabulaire.

Je ne sais pas combien de temps après les évènements ce récit a été écrit.

Altengrabow est un petit bourg à environ 40 km à l'Est de Magdeburg (Saxe-Anhalt, ancienne DDR). Le camp a continué à être utilisé ensuite comme camp d'entraînement militaire par la Wehrmacht et camp de prisonnier pendant la seconde guerre mondiale, puis camp par les Soviétiques.


 

26 mai : réserve à la creute près de Guny.

27 mai : réserve aux tranchées près de Guny.

28 mai : Attaque allemande. Grande offensive. Nous montons en réserve dans les tranchées de soutient. Dans la nuit nous laissons les positions pour nous porter sur la droite. Ferme de Bonne Maison. Rase campagne.

29 : prenons position. La journée les Allemands avancent : le 410, 407, 403 se replient. Sommes en 1ère ligne. Olive tué, Duparc blessé. La pièce est détruite par le même obus. Pièce à Lefay id. Je porte Duparc sur un brancard avec Forget, Lefay et Henriet jusqu'au poste de secours. Bien fatigués. Souffrance physique. La soif. Eprouve une grande faiblesse avec le brancard. Les Allemands nous tirent dessus. Nous replions toute la journée en battant en retraite. Baudry tué par balle. Noël blessé à la figure par balle. Lefay blessé au ventre. Noël balle à la tête.

Le 30 : Plateau de Nouvron. Toujours les Allemands attaquent en très grande force. Beaucoup d'avions et d'artillerie. Chez nous rien le matin. Ils nous tournent sur la ferme de Bonne Maison d'où repli. A fallu passer un barrage serré de feu de mitrailleuse. Etonnant presque pas de pertes. Ruffet balle à la cuisse. S. Lieutenant Massure blessé légèrement. Journée pénible aussi dure que la première. Pas de nourriture. D'ailleurs nous n'avons pas faim. La soif. Pas d'eau. Ferme St Léger.

31 : plateau de Vingré. Très dur. Sommes relevés par l'infanterie. Couchons dans les bois.

1er juin : le matin nous montons ce bois et nous sommes en 1ère ligne. Infanterie se replie. Beaucoup de prisonniers. Nous mettons en position sur la crête. Champ à battre magnifique. Les allemands débouchent. Bon travail. Toujours en nombre écrasant. Sommes presque amis dans la nuit.

Du 1er au 2 relève. Tout le monde heureux car nous sommes très fatigués.

2 juin : Passons Vic sur Aisne. Ravitaillement. Conserves. marche en plein soleil. Repos dans un pré.

3 juin : Touchons du matériel et des pièces. Puis le renfort arrive.

4 juin : De bonne heure départ un peu plus en arrière. Toute la journée tranquille mais constamment en alerte. Le soir un ordre arrive. Nous montons en ligne.

5 juin : droite de Dommiers. Position dans le bois. Tranquille pendant 5 jours. Ravitaillement la nuit à la creute. le 6 : 4ème section bombardement intense en avant. Roux et un nouveau tués. 2ème section relève.

10 : relevons la 2ème section. Creusons nos trous.

11 : tranquille.

12 : à 2h et demie bombardement offensive allemande recommence. nous tenons mais nous sommes débordés. Une partie de la 1ère compagnie faite prisonnière. Nous nous replions. Les Allemands sont à 30m devant nous dans le blé et sur la droite nous débordent. Nous sommes à encercler.

Forget tué par une balle. Arrivés dans le bois un marmitage nous accueille. Le sous-off ne sachant pas le chemin demande à être conduit au PC. Je vais avec lui à travers le bois. Je suis blessé à la jambe à 6 h. Lui, ayant pris des gaz a des vomissements. Enfin nous arrivons au PC. Je vais au poste de secours. Le major me dit que ce n'est rien, ma jambe me fait mal de plus en plus, il y a là une cinquantaine de blessés, et nous dit de nous coucher. Nous restons là longtemps. Prigent meurt à la suite de ses blessures. Ma jambe s'engourdit de plus en plus et s'enfle. Je ne peux plus poser le pied à terre.

L'artillerie 155 tire trop court. Un ordre doit arriver. Le commandant prend ses nouvelles, major, capitaine etc... et s'en va avec l'état-major sans rien nous dire. Des blessées effrayés suivent. Une cinquantaine reste puis après s'en vont un par un même ceux qui ne peuvent marcher. Restent moi et mes camarades Rabourdin, Bazin et Monnereau blessés aussi, après un moment essaye de s'en aller en me soutenant eux blessés au pied aussi.

(Dans la creute il y a de la section comme blessés Hervier, Noguès. Le 1er éclat épaule et bras gauche. Le 2ème une balle à l'épaule. Noguès s'en va un peu avant nous avec Masson blessé à l'il. Hervier sur un brancard réclame un peu d'eau. Je lui en donne. Martion est blessé etc... L'entrée de la creute est à moitié bouchée. Boisard arrive pour un rendu compte mais l'Etat Major du bataillon est parti depuis quelques minutes. Il nous dit que la 1ère section est réduite à peu de poilus. Il s'en retourne très vite. Nous nous apprêtons à sortir mais voilà l'artillerie qui tire encore trop court. Fatalité nous ne pouvons fuir et d'un moment à l'autre pouvons être pris comme des lapins. L'artillerie allemande tire de plus en plus dans le ravin derrière la ferme de Chaffour et sur celui qui est à gauche par où nous sommes venus. Un brancardier désigné d'office par le major M Bolo pour rester avec une cinquantaine de blessés. Il lui remet un papier. L'infirmier s'appelle Lecourt (Mayenne).)

Mais hélas trop tard les Allemands arrivent et nous sommes faits prisonniers vers 10 ou 11h avec l'infirmier et les grands blessés. On nous garde dans la creute jusqu'à la nuit puis on nous dirige sur le poste de secours allemand à Chaudun ( ?). pénible de marcher dans les labours. Ma jambe me fait très mal. Mes camarades peinent autant que moi à me porter. Au poste de secours on nous fait de nouveaux pansements et on nous embarque en voiture jusqu'à Courmelles.

13 juin : là on nous donne du café consistant en infusion d'orge grillée, un peu de pain qui est aigre avec du soi-disant pâté. De Courmelles à Vailly sur Aisne pas de véhicule, nous faisons une heure de marche à pied très pénible pour moi. faisons le reste en camion de munitions. Nous souffrons tous par les cahots. Il y a avec nous beaucoup de blessés allemands. A Vailly une tartine de pain-beurre me réchauffe et café.

14 - Dans la nuit départ en camion pour un pays étant avant l'offensive dans les lignes allemandes. Tente où il y a des blessés attendant la soirée pour prendre le decauville. A 22h départ arrivée à Mortiers sur Aisne.

15-16 ambulance. Restons deux jours dévorés par la vermine. J'écris une carte. Départ par le chemin de fer pour l'Allemagne. par Sedan - Coblence - Magdeburg. Voyage très long et fatiguant.

18 - 24h arrivée au camp d'Altengrabow. Nous touchons soupe chaude à la semoule, biscuits chocolat.

19- Distribution biscuits pour 4 jours avec boîte de sardines, pâté, riz et sucre. Un bout de lard et du savon.

20 - pansements avec du papier et massages du pied. Fait la cuisine : du riz pour mes deux camarades.

21 - misère pour avoir du bois et une place au feu. Enfin j'y arrive après une longue attente. Riz au gras avec singe.

22 - pansement massage du pied. Nourriture pomme de terre avec un peu de vinaigre. Soupe de betteraves. Aujourd'hui nous devons écrire.

23- pansements. Tous les jours le matin café à l'orge. Midi et soir soupe de betteraves très mauvaise mais je la mange quand même ainsi que mes camarades.

24- pansements

25 idem

26 idem

27 pansements même nourriture

28 idem

29 pansements massages du pied

30 idem

31 idem

1er juillet pansements massages du pied

4 - la plaie de ma jambe est guérie mais je ressens toujours une douleur intérieure de la jambe. Cela me fait mal aussi au jarret et dans les nerfs de la cuisse.

15 jours après le médecin me propose pour une visite du chirurgien. l'os étant fracturé partiellement.

18 - le chirurgien capitaine Cost, major italien, dit qu'il faut que je sois opéré.

29 juillet - Devais être opéré mais opération plus urgente que la mienne à faire. Remis au lendemain.

30 juillet - Défense de manger la journée devant être endormi. A 16h je vais au chirurgien, je monte sur la table. Là Mr le capitaine Cost prend ma jambe, l'ausculte longtemps et juge qu'il faut attendre avant d'opérer. Ma jambe est enflée et me fait mal lorsque l'on touche à l'os. il dit qu'il se forme quelque chose autour de l'os et appelle cela du nom de périostite ou périostose puis m'enduit la jambe d'une pommade noire qui doit avoir comme effet d'attirer le pus. Le Médecin me dit que s'il se forme du pus il faudra faire opération sinon pas d'opération cela se guérira tout seul. Mais l'éclat ou la balle est toujours dans ma jambe. Alors défense expresse de marcher. Il me faut toujours rester couché. pour aller faire mes besoins il me faut un bâton car la jambe ne doit avoir aucune fatigue. à l'endroit où est le projectile il y a une grosseur sur l'os qui me fait bien mal.

1er août : pansement pommade noire.

3 idem

8 à 4h du soir opération. La jambe insensibilisée. extraction de l'éclat. morceau de ceinture d'obus. Il était piqué à l'os tibia. Il y avait aussi une poche de pus. Je n'ai rien senti que une heure après. obligé de marcher avec des béquilles pour aller au cabinet n'ayant de seau ni de pistolet.

10 août - premier pansement

12 - deuxième. Presque pas de suppuration.

14 - pansement. Le chirurgien Mr le Capitaine Cost me recoud la plaie qui est très belle.

16 pansement. légère suppuration. Je marche toujours avec mes béquilles ne pouvant poser le pied à terre.

18 pansement tous les deux jours.

20 idem

22 je demande à lâcher les béquilles. Avec difficulté on me l'accorde mais défense de fatiguer la jambe. Je marche très peu - avec un bâton.

7 septembre pansement tous les trois jours et à la baraque 5 par Mr Sivio Marciano, Médecin traitant italien.

10 - il y a une croûte. On continue à me mettre de la pommade.

13 - visite du Médecin Général Allemand. Grâce au Major Italien j'obtiens une prolongation de 15 jours car ma guérison n'est pas complète.

20 septembre - je passe la visite. Reconnu, malgré mon insistance, pour le travail.

21 - à midi on me prévient que pars en kommando à Korbelitz dans la culture. Au kommando nous sommes 25 dont 5 Français. Le travail n'est pas trop dur mais très ennuyeux. Pour moi impossible de comprendre l'allemand et le russe. Je suis heureux le soir de rentrer afin de parler français.

2 octobre : Ayant remplacé à Korbelitz un Russe qui s'était évadé, dans l'intervalle il est revenu, alors la Kommandantur envoie au poste une feuille disant qu'il fallait me conduire à Gross Wusternitz, mauvais kommando, fabrique de poudre. Il y a là 800 à 900 Français, autant de Russes.

3 octobre : première journée de travail à l'usine. Corvée de la chaux. Debout le matin à 4h. L'appel dans la cour dure une heure. Il faut faire 5 km pour aller, pour revenir autant. Le soir en arrivant au camp je suis malade. Ma jambe me fait mal et enfle. Major allemand hausse les épaules, enfin me met aux travaux légers.

4 octobre : corvée de culture. On me donne une faux pour couper les ajoncs d'une rivière près du camp. Même travail pendant huit jours.

8 octobre : On demande le soir à l'appel des volontaires pour une fabrique de sucre. Ne pouvant pas trouver plus mal que ce bagne de Gross Wusternitz je me fais inscrire.

12 octobre : départ pour la sucrerie.

13 octobre : l'interprète prisonnier français nous donne les emplois. Moi je tombe sur un bon travail. Aux couteaux. Cela consiste à aiguiser ceux-ci. Seulement il y fait un brin chaud. En général les Français ont tous de bons travaux. Comme paye nous avons un mark de la kommandantur et un mark du patron. Ici travail pendant un mois. 8 jours de nuit et 8 de jours. Le dimanche nous faisons dix-huit heures.

9 novembre : les journaux nous apprennent des propositions d'armistice.

11 novembre : l'armistice signé. Tous nous sommes heureux, fous de joie. Ensuite révolution allemande. Les matelots viennent à Genthin. Les portes enlèvent leurs cocardes et le kommando a ses portes ouvertes. Nous ne voulons plus travailler. Je fais malade 3 jours, après on m'envoie au camp. Nous sommes 30 Français qui retournons.

25 : Camp Altengrabow : bruits de départ pour la semaine qui sont faux après une semaine d'attente. Je nourris en moi une évasion enfin impatient de partir.

2 décembre : moi et mon camarade Le Bail Pierre à 2h nous décidons à fuir. En 10 minutes le temps de consulter la carte et de faire notre sac nous sommes prêts. Des camarades d'un kommando étant venus pour chercher leurs colis et biscuits nous profitons de l'occasion pour passer au poste. Il est 14h. Les camarades se mettent devant les Boches et nous passons franco. A la gare d'Alten il faut attendre le train pour Burg. L'attente dure jusqu'à 16h1/2. Nous arrivons à Burg à 21h. Plus de correspondance pour Magdeburg. Nous couchons dans une voiture du train. Il fait très froid et nous ne pouvons dormir. La nuit est mouvementée : des postes du comité des travailleurs et soldats (Soldatenrat) surveillant la gare voient des hommes voulant voler sans doute, tirent des coups de feu. Nous avons peur que l'on nous découvre et nous fasse rejoindre le camp. Ils passent plusieurs fois devant le wagon, nous retenons notre respiration. Moi qui ai envie de tousser je me retiens avec peine. Un moment après étant fatigués couchés nous asseyons chacun dans un coin du compartiment dans l'ombre. Les sentinelles passent et repassent. Finalement aperçoivent le profil du képi de mon camarade ils montent dans le wagon. nous faisons semblant de dormir et lorsqu'ils ouvrent la porte le simulacre de se réveiller en sursaut. Ils nous demandent ce que nous faisons ici, alors nous leur disons que nous venons du camp chercher les biscuits et colis des camarades du kommando (lieu de travail des prisonniers). Les transports n'étant pas libres pour les prisonniers puisque nous devons prendre le train à 4h1/2 pour Magdeburg, ils croient ce que nous leur disons puis se mettent à nous parler du rapatriement et de la guerre ainsi que de la Révolution. Nous leur offrons une pipe de tabac qu'ils acceptent avec joie n'ayant que du tabac qui consiste en feuilles de pommes de terre ou de cerisier séchées. Nous sommes heureux que cela se passe si bien que cela. car nous sommes à 33 km du camp.

Enfin la correspondance arrive. Pas de difficultés pour prendre le train et toujours sans billet. Nous arrivons à Magdeburg. Là nous changeons de train. L'express est en gare attendant ce train. Sur le quai plusieurs sentinelles nous regardent, sont tout étonnées de voir des prisonniers en gare de si bon matin. Nous évitons leur regard afin de sauter dans le train pour Braunschweig (Brunswick). Nous faisons route avec deux soldats s'en retournant chez eux dont un Uhlan parlant un peu français, très gentils avec nous et nous donnant même des renseignements utiles pour notre voyage. Arrivée à Braunschweig, correspondance pour la direction de Düsseldorf. nous passons par Holminden, Paderborn. Voyage très long. arrivée à Hagen. Changeons de train et prenons l'express pour Köln (Cologne). Arrivons à 21h. Là nous trouvons sur le quai des prisonniers de l'autre camp évadés comme nous ainsi que des femmes et hommes civils belges. Ils veulent que nous restions avec eux, les Anglais devant arriver le lendemain ici mais nous ne les écoutons pas heureusement. Nous suivons nos idées ayant réussi jusqu'ici. Nous partons pour Koblenz à 0h30. Voyageons avec des Lorrains parlant français. Nous racontent leurs misères dans l'armée allemande.

Cologne, ville très jolie et remarquable par son pont magnifique jeté sur le Rhin. Ici les Allemands sont tous pressés de partir car il n'y a presque plus de train : celui que nous avons pris était le dernier. A Koblenz nous changeons de train et prenons la direction de Trier (Trèves) puis arrivés à Heller il nous faut prendre le train pour Trèves. Dans le train un Alsacien lorrain parlant français converse avec nous. Je prends sa culotte et mon couteau et je lui enlève ses cocardes ainsi que ses pattes d'épaule, lui enlève ses boutons. Des femmes étant dans le compartiment sont restées tout ahuries et parlent entre elles. Le Koblenz tout le long de la Moselle. Paysage très pittoresque. La vallée est jolie. Tout le long ce n'est que coteaux et vignobles. A Trauerbach pont sur la Moselle : la moitié appartient aux Allemands, l'autre moitié au Luxembourg. Jolis coteaux. Arrivés à Trèves à 15h1/2. Promenade dans la ville interrompue par la pluie. Nous sommes hébergés par la cantine américaine. Départ pour Metz à 20h30. Les Américains occupent Trèves et ses environs. A Thionville on nous fait descendre : c'est un centre de rapatriement. Nous logeons dans un quartier de dragons. Arrivés le 4 à minuit, le 5 passons une visite médicale. Ici nous avons du pain blanc, enfin la nourriture du soldat français car Thionville est occupée par des Français. le 5 nous sortons en ville à 16h. Concert sur la place. La ville et les maisons sont pavoisées de drapeaux français, anglais, belges, américains. Le 6 à 13h nous changeons de caserne pour que nous soyons groupés par corps. Moi et mon camarade sommes classés au 10ème corps à Rennes. Arrivés dans une caserne d'infanterie. pas de paillasse ni de couvertures, à peine à manger, nous allons à la gare nous renseigner car l'officier nous avait dit qu'il n'y avait pas de convois pour nous rendre en France et qu'il faut prendre patience mais elle n'est pas facile à calmer. A la gare on nous renseigne : il y a un train à 18h20. Nous revenons en courant car il est 17h pour chercher ce qui nous appartient à la caserne. On nous donne nos feuilles au bureau et en route pour Metz. Arrivés ici il y a un train de marchandises aménagé. Nous le prenons, il part à 20h30. Nous arrivons à Bar le Duc 8h40. Nous filons sur Favière ( ?), ici nous changeons de train et prenons un train de permissionnaires qui part à 11h pour Vains-Tour ( ?). A Favière un chef d'artillerie veut bien envoyer nos dépêches.

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